Droit et conformité
European Accessibility Act : votre site est-il concerné ?
Ce qu'exige l'acte européen sur l'accessibilité (EAA), les sites et applis concernés, l'exemption des microentreprises, l'échéance 2030 et les sanctions par pays.
Publié le 15 min de lecture
En bref
L'acte européen sur l'accessibilité (European Accessibility Act, directive (UE) 2019/882) s'applique depuis le 28 juin 2025 à certains produits et services destinés aux consommateurs : boutiques en ligne, services bancaires, livres numériques, réservation de transports. Si vous vendez à des consommateurs dans l'UE sans être une microentreprise prestataire de services, cette obligation d'accessibilité concerne probablement votre site internet et votre appli.
À retenir
- L'EAA s'applique depuis le 28 juin 2025 par l'intermédiaire de la loi de chaque pays de l'UE, et il couvre des services aux consommateurs comme le commerce en ligne, la banque, les livres numériques, le transport de voyageurs et les communications électroniques.
- Les microentreprises prestataires de services, c'est-à-dire moins de 10 salariés et un chiffre d'affaires ou un total de bilan d'au plus 2 millions d'euros, sont exemptées des exigences applicables aux services.
- Les entreprises situées hors de l'UE sont concernées pour ce qu'elles vendent aux consommateurs de l'UE, alors que les ventes réservées aux professionnels sortent de la définition du commerce électronique.
- En pratique, la référence est la norme EN 301 549 : aujourd'hui les WCAG 2.1 niveau AA, demain les WCAG 2.2 niveau AA, dès que la version 4.1.1 sera citée au Journal officiel de l'UE.
- Chaque pays fixe ses propres sanctions, très variables, et aucun widget ni plugin ne rend un site conforme à lui seul.
Si vous vendez en ligne à des clients dans l'UE, vous avez sans doute déjà reçu quelques e-mails sur l'European Accessibility Act, dont certains de prestataires pressés de vous vendre une solution avant l'échéance. Ce guide s'en tient à ce que dit le texte : qui est concerné, ce qu'il exige et ce qui se passe si vous l'ignorez. En France, la directive a été transposée par la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023 (s'ouvre dans un nouvel onglet) (article 16), qui a inscrit l'obligation dans le Code de la consommation (article L. 412-13), et c'est la DGCCRF qui contrôle les sites marchands. Un manquement y constitue une contravention de 5e classe, soit jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, par manquement (article R. 451-4 du Code de la consommation).
Qu'est-ce que l'European Accessibility Act ?
L'acte européen sur l'accessibilité (directive (UE) 2019/882 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) est une loi de l'UE qui fixe des exigences d'accessibilité communes pour certains produits et services vendus aux consommateurs, dont le commerce électronique, les services bancaires aux consommateurs, les livres numériques, la billetterie de transport et les communications électroniques. Adopté le 17 avril 2019, il s'applique dans toute l'UE depuis le 28 juin 2025.
On parle de « l'EAA » comme d'un règlement unique. En réalité, il y a trois niveaux :
- La directive fixe les objectifs, le champ d'application et les échéances. Elle s'adresse aux États, elle ne s'impose donc pas directement à votre entreprise.
- Votre loi nationale est ce qui s'applique concrètement à vous : en France la loi du 9 mars 2023 et le Code de la consommation, en Belgique la loi du 5 novembre 2023, en Allemagne le Barrierefreiheitsstärkungsgesetz (BFSG), en Espagne la Ley 11/2023. Chacune désigne ses autorités de contrôle et ses sanctions.
- La norme technique, EN 301 549, est la façon de démontrer en pratique que vous respectez les exigences. Pour les sites web et les applications, elle renvoie aux Règles pour l'accessibilité des contenus web (WCAG).
Si quelqu'un vous annonce un montant d'amende, demandez-lui de quelle loi nationale il vient.
Depuis quand l'EAA s'applique-t-il, et qu'est-ce qui change en 2027 et en 2030 ?
L'EAA s'applique depuis le 28 juin 2025. Les États membres devaient adopter leurs lois nationales au plus tard le 28 juin 2022 et les appliquer à partir du 28 juin 2025 (article 31). Quelques périodes de transition vont plus loin : les contrats de services et les équipements déjà en place avant juin 2025 peuvent continuer au plus tard jusqu'au 28 juin 2030.
| Date | Ce qui se passe | Où c'est prévu |
|---|---|---|
| 28 juin 2022 | Date limite d'adoption des lois nationales | Article 31, paragraphe 1 |
| 28 juin 2025 | Les règles nationales s'appliquent aux produits et services concernés | Article 31, paragraphe 2 |
| 28 juin 2027 | Date limite pour les règles sur la réponse aux appels d'urgence au 112 | Article 31, paragraphe 3 |
| 28 juin 2030 | Fin de la transition pour les produits déjà utilisés pour fournir des services, et date de fin au plus tard des contrats de services conclus avant juin 2025 | Article 32, paragraphe 1 |
| Jusqu'à 20 ans après la mise en service | Les terminaux en libre-service déjà en service, comme les distributeurs de billets, peuvent rester en place jusqu'à la fin de leur vie économique, si l'État membre le prévoit | Article 32, paragraphe 2 |
C'est la date de 2030 qui est le plus souvent mal comprise. Ce n'est pas un délai de grâce pour les sites web : une boutique lancée en 2026 doit respecter les règles dès maintenant. Seuls les contrats et équipements en place avant juin 2025 bénéficient d'un délai.
Quels sites et quelles applications l'EAA couvre-t-il ?
L'EAA couvre les sites et applis qui servent à fournir six types de services aux consommateurs : le commerce électronique, les services bancaires, les communications électroniques, l'accès aux médias audiovisuels, les livres numériques et une partie du transport aérien, routier, ferroviaire et par voie d'eau de voyageurs. Le commerce électronique est la catégorie la plus large, car elle englobe tout site ou appli par lequel un consommateur peut conclure un contrat à distance.
La directive définit les services de commerce électronique comme « des services fournis à distance, via des sites internet, des services intégrés sur des appareils mobiles, par voie électronique et à la demande individuelle d'un consommateur, en vue de conclure un contrat de consommation » (article 3, point 30). Si un client peut acheter, réserver ou s'abonner par votre site internet ou votre appli, celui-ci est très probablement concerné : une boutique de vêtements sur Shopify, le moteur de réservation d'un hôtel, un abonnement à des paniers repas.
Certains cas sont moins nets. Le site d'un restaurant qui affiche seulement la carte et un numéro de téléphone n'est probablement pas un service de commerce électronique, puisqu'aucun contrat n'y est conclu. S'il permet de commander en ligne, il l'est probablement. Les zones grises, comme un formulaire de réservation de table, sont justement les cas où il vaut la peine de consulter les lignes directrices de votre autorité de contrôle, ou un avocat.
Quels contenus sont exclus ?
Même sur un site concerné, l'article 2, paragraphe 4, exclut :
- les contenus audio et vidéo préenregistrés, ainsi que les documents bureautiques comme les PDF, publiés avant le 28 juin 2025 ;
- les cartes en ligne, à condition que les informations essentielles pour s'orienter soient aussi fournies sous une forme numérique accessible ;
- les contenus de tiers que vous ne financez pas, ne développez pas et ne contrôlez pas ;
- les contenus archivés qui n'ont été ni mis à jour ni modifiés depuis le 28 juin 2025.
N'étirez pas trop l'exclusion des contenus de tiers. Un plugin de paiement ou un outil de chat que vous avez choisi et que vous payez peut difficilement passer pour un contenu que vous ne financez ni ne contrôlez. L'EAA couvre aussi des produits comme les ordinateurs, les terminaux de paiement et les liseuses, mais pour un site web, ce sont les règles sur les services qui comptent.
L'EAA s'applique-t-il aux petites entreprises ?
En partie seulement. Les microentreprises qui fournissent des services sont exemptées des exigences applicables aux services. Une microentreprise emploie moins de 10 personnes et réalise un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan annuel d'au plus 2 millions d'euros (article 3, point 23). Les petites entreprises au-dessus de ce seuil sont concernées, et les microentreprises qui fabriquent ou vendent des produits couverts ne sont pas exemptées.
Les deux critères comptent. Une boutique en ligne de 6 salariés qui réalise 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires est une microentreprise. Une boutique de 6 salariés à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires l'est encore si son total de bilan ne dépasse pas 2 millions d'euros. Une boutique de 12 personnes est concernée, aussi modeste que soit son chiffre d'affaires.
L'article 4, paragraphe 5, n'exempte que les microentreprises prestataires de services : une société de cinq personnes qui fabrique des liseuses doit donc respecter les règles applicables aux produits.
Deux réserves. Les lois nationales peuvent s'écarter de la directive : en Belgique, la loi fédérale n'exempte les microentreprises que jusqu'au 28 juin 2030 (loi du 5 novembre 2023, art. 40 (s'ouvre dans un nouvel onglet)). Et l'exemption supprime une obligation légale, pas le problème. Un client qui ne parvient pas à finaliser sa commande avec un lecteur d'écran s'en va, quel que soit votre effectif.
L'EAA s'applique-t-il hors de l'UE, aux sites B2B ou au Royaume-Uni ?
Oui pour les entreprises hors de l'UE qui vendent à des consommateurs de l'UE, et en général non pour les ventes réservées aux professionnels. La directive vise toute personne qui fournit un service sur le marché de l'Union ou propose de le fournir aux consommateurs dans l'Union (article 3, point 4), quel que soit son lieu d'immatriculation. Une boutique suisse, britannique ou américaine qui vend à des consommateurs de l'UE est concernée pour ces ventes.
- Vendeurs hors UE. Ce qui compte, c'est à qui vous vendez. Si votre boutique livre des clients en France, le droit français s'applique à ce service. Les ventes à des clients hors de l'UE ne sont pas concernées.
- B2B. Au sens de la directive, le commerce électronique suppose un contrat avec un consommateur, c'est-à-dire une personne qui achète à des fins étrangères à son activité professionnelle (article 3, point 22). Un portail de vente en gros réservé aux professionnels inscrits en sort en général ; un site qui vend aux deux publics est concerné pour ses ventes aux consommateurs.
- Royaume-Uni. L'EAA ne fait pas partie du droit britannique, mais les entreprises britanniques qui vendent à des consommateurs de l'UE relèvent des lois des pays où elles vendent. Au Royaume-Uni même, l'Equality Act 2010 impose des aménagements raisonnables sans fixer de norme technique pour le web, et la réglementation sur l'accessibilité du secteur public (s'ouvre dans un nouvel onglet) ne vise que les organismes publics.
Quelle norme devez-vous respecter ?
En pratique, la norme EN 301 549, ce qui signifie aujourd'hui les WCAG 2.1 niveau AA pour un site web. La directive elle-même énumère des exigences fonctionnelles, pas un niveau WCAG. La référence actuelle est la norme EN 301 549 v3.2.1 (2021) ; la version 4.1.1, publiée en septembre 2026, passe aux WCAG 2.2 niveau AA dès que la Commission la cite au Journal officiel.
AccessibleEU (s'ouvre dans un nouvel onglet), le centre de ressources de la Commission sur l'accessibilité, précise que la v4.1.1 « n'est pas encore la norme de référence légale ». Une fois citée, la respecter vaudra présomption de conformité à l'EAA. Personne ne peut encore vous donner la date.
Notre conseil : concevez et testez dès maintenant selon les WCAG 2.2 niveau AA. Elles reprennent tout le contenu des WCAG 2.1, à un critère obsolète près, vous couvrez donc les deux. Les nouveautés des WCAG 2.2 détaille les neuf nouveaux critères, et notre présentation des WCAG explique les niveaux. Ne confondez pas avec le RGAA (référentiel général d'amélioration de l'accessibilité), la méthode française qui encadre l'accessibilité du secteur public et des entreprises réalisant plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, au titre de la loi de 2005 (chronologie d'Access42 (s'ouvre dans un nouvel onglet)).
Quelles informations devez-vous publier ?
Les prestataires de services doivent publier des informations sur la façon dont leur service respecte les exigences d'accessibilité, « dans les clauses et conditions générales ou dans un document équivalent » (annexe V). Elles doivent décrire le service dans des formats accessibles et expliquer comment les exigences sont respectées. Selon l'article 13, paragraphe 2, elles doivent être mises à la disposition du public sous forme écrite et orale tant que le service est proposé.
Les lois nationales peuvent ajouter des éléments, par exemple en vous demandant d'indiquer l'autorité de contrôle. Beaucoup d'entreprises regroupent ces informations sur une page dédiée à l'accessibilité, avec un lien dans le pied de page et dans les conditions générales, un peu comme une déclaration d'accessibilité. Notre guide pour rédiger une déclaration d'accessibilité propose un modèle qui couvre les deux, et la documentation sur la déclaration va plus loin.
Si vous estimez qu'une exigence représenterait une charge disproportionnée, il ne suffit pas de l'affirmer. L'article 14 exige une évaluation documentée, renouvelée au moins tous les cinq ans, et vous devez en informer les autorités compétentes ; les microentreprises sont dispensées de cette dernière étape.
Qui contrôle l'application de l'EAA, et quelles sont les sanctions ?
Chaque pays désigne ses autorités de contrôle et fixe ses sanctions, qui doivent être « effectives, proportionnées et dissuasives » (article 30). Pour une boutique en ligne, il s'agit le plus souvent d'une autorité de protection des consommateurs ou de surveillance du marché. Les amendes maximales vont de quelques milliers d'euros à 1 million d'euros ou davantage, et certaines sont calculées sur le chiffre d'affaires.
| Pays | Loi nationale | Autorité de contrôle du commerce en ligne | Sanction maximale |
|---|---|---|---|
| Allemagne | Barrierefreiheitsstärkungsgesetz (BFSG) | MLBF, l'autorité de surveillance du marché commune aux 16 Länder | 100 000 € pour l'offre d'un service non conforme, 10 000 € pour les autres manquements (§ 37 BFSG (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
| Espagne | Ley 11/2023 du 8 mai 2023 (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Autorités désignées par chaque communauté autonome | 1 000 000 € pour les infractions très graves au titre de la loi générale sur le handicap (RDLeg 1/2013, art. 96 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
| Italie | D.Lgs. 82/2022 | AgID (Agenzia per l'Italia Digitale) | De 5 000 € à 40 000 € (art. 24 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
| Pays-Bas | Implementatiewet toegankelijkheidsvoorschriften producten en diensten (loi du 8 avril 2024) | ACM (autorité des consommateurs et des marchés) | 900 000 € ou 1 % du chiffre d'affaires, le montant le plus élevé étant retenu (Whc, art. 2.15 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
| Suède | Lag (2023:254) | PTS (Post- och telestyrelsen) | 10 000 000 SEK (§ 39 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
| Irlande | S.I. No. 636/2023 | CCPC (Competition and Consumer Protection Commission) | 60 000 € et/ou 18 mois d'emprisonnement sur acte d'accusation (Reg. 32 (s'ouvre dans un nouvel onglet)) |
Ce sont des plafonds, pas ce que paiera vraisemblablement une entreprise dont le problème peut être corrigé. Les montants sont aussi souvent mal recopiés en ligne : vérifiez la loi de votre propre pays avant de vous fier à un chiffre.
Par quoi commencer ?
Vérifiez si vous êtes concerné, puis testez et corrigez les parcours qui comptent le plus pour vos clients, publiez une information honnête sur votre situation et intégrez l'accessibilité à chaque évolution du site. L'essentiel relève du travail produit ordinaire, mené dans un ordre logique, et non d'un chantier juridique ponctuel.
- Vérifiez votre périmètre. Listez les services que vous proposez aux consommateurs de l'UE, les pays où vous vendez, votre effectif et votre chiffre d'affaires. Si vous êtes proche du seuil de la microentreprise, notez comment vous avez fait le calcul.
- Testez vos parcours clés : recherche, fiches produit, panier, paiement et connexion. Utilisez des outils automatiques gratuits, puis vérifiez manuellement avec un clavier et un lecteur d'écran, comme l'explique notre guide pour tester l'accessibilité de votre site.
- Corrigez par ordre de gravité. Un bouton de paiement inaccessible au clavier compte davantage qu'un lien pâle dans le pied de page. La check-list d'accessibilité web passe en revue les défauts les plus courants.
- Publiez vos informations d'accessibilité, y compris ce qui n'est pas encore corrigé et la façon de vous contacter.
- Faites-en une routine. L'article 13, paragraphe 3, attend des procédures qui maintiennent la conformité du service au fil de ses évolutions : vérifiez l'accessibilité à chaque changement de thème ou ajout d'un outil tiers.
- Demandez conseil en cas de doute. Pour une question de périmètre ou d'exemption, adressez-vous à un avocat ou à l'autorité de contrôle de votre pays.
Quelle place pour un widget d'accessibilité ?
Aucun widget ne rend un site conforme à l'EAA, le nôtre compris. La Commission européenne écrit que les overlays, « ou tout autre outil qui ne garantit pas que le site Web lui-même répond aux critères détaillés de la norme, ne sont pas une solution appropriée » (Commission, accessibilité du web (s'ouvre dans un nouvel onglet)). Un widget peut tout de même aider certains visiteurs, comme une couche supplémentaire sur un site correctement conçu.
SiteAccessible permet aux visiteurs de régler le contraste, la taille du texte et des aides à la lecture. Il ne corrige pas votre code, ne remplace ni les audits ni les tests avec des personnes handicapées, et ne vous offre aucune protection juridique.
Questions fréquentes
Quand l'European Accessibility Act est-il entré en vigueur ?
Les États membres devaient adopter leurs lois nationales au plus tard le 28 juin 2022 et les appliquer à partir du 28 juin 2025 (article 31 de la directive (UE) 2019/882). Certaines périodes de transition vont plus loin : les contrats de services conclus avant le 28 juin 2025 peuvent se poursuivre sans changement jusqu'à leur expiration, pendant cinq ans au plus, et les produits déjà utilisés pour fournir des services peuvent rester en service jusqu'au 28 juin 2030.
Les petites entreprises sont-elles exemptées de l'EAA ?
Seules les microentreprises qui fournissent des services. Une microentreprise emploie moins de 10 personnes et réalise un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan d'au plus 2 millions d'euros (article 3, point 23). Les microentreprises qui fabriquent ou vendent des produits couverts restent soumises aux exigences sur les produits, et les lois nationales peuvent différer : en Belgique, la loi fédérale n'exempte les microentreprises que jusqu'au 28 juin 2030.
L'EAA s'applique-t-il aux entreprises situées hors de l'UE ?
Oui, si elles fournissent des services couverts à des consommateurs dans l'UE. La directive définit le prestataire de services comme toute personne qui fournit un service sur le marché de l'Union ou propose de le fournir aux consommateurs dans l'Union (article 3, point 4). Une boutique en ligne suisse, britannique ou américaine qui vend à des consommateurs de l'UE est concernée pour ces ventes, mais pas pour celles réalisées auprès de clients hors de l'UE.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de l'EAA ?
La directive laisse chaque pays fixer les sanctions et exige qu'elles soient « effectives, proportionnées et dissuasives » (article 30). Les montants varient beaucoup : jusqu'à 100 000 € en Allemagne pour l'offre d'un service non conforme, de 5 000 € à 40 000 € en Italie, de 10 000 à 10 millions de couronnes en Suède et jusqu'à 1 million d'euros en Espagne pour les infractions très graves. En France, il s'agit d'une contravention de 5e classe, soit jusqu'à 7 500 € par manquement pour une société. Ce sont des maximums, pas des amendes habituelles.
Quel niveau WCAG l'EAA exige-t-il ?
L'EAA énumère des exigences fonctionnelles plutôt qu'un niveau WCAG. En pratique, la référence est la norme européenne EN 301 549, dont la version de référence actuelle (v3.2.1) s'appuie sur les WCAG 2.1 niveau AA. La version 4.1.1, publiée en septembre 2026, passe aux WCAG 2.2 niveau AA dès qu'elle est citée au Journal officiel de l'UE.
Un widget ou plugin d'accessibilité rend-il mon site conforme à l'EAA ?
Non. La Commission européenne indique que les overlays et autres outils qui ne mettent pas le site lui-même en conformité avec la norme « ne sont pas une solution appropriée ». Un widget peut offrir aux visiteurs des moyens supplémentaires d'adapter une page, mais la conformité dépend du code, des contenus et des processus du site lui-même.
Sources
- Directive (EU) 2019/882 on the accessibility requirements for products and services (European Accessibility Act) (s'ouvre dans un nouvel onglet), EUR-Lex, Publications Office of the European Union
- European accessibility standard EN 301 549 has been updated (7 September 2026) (s'ouvre dans un nouvel onglet), AccessibleEU, European Commission
- Web Accessibility (page updated 23 June 2026) (s'ouvre dans un nouvel onglet), European Commission, Shaping Europe's digital future
- Barrierefreiheitsstärkungsgesetz (BFSG), § 37 Bußgeldvorschriften (s'ouvre dans un nouvel onglet), Bundesministerium der Justiz, gesetze-im-internet.de
- Ley 11/2023, de 8 de mayo (s'ouvre dans un nouvel onglet), Boletín Oficial del Estado
- Real Decreto Legislativo 1/2013 (General Law on the rights of persons with disabilities), article 96 (s'ouvre dans un nouvel onglet), Boletín Oficial del Estado
- Decreto legislativo 27 maggio 2022, n. 82 (Gazzetta Ufficiale n. 152, 1 July 2022) (s'ouvre dans un nouvel onglet), Gazzetta Ufficiale della Repubblica Italiana (copy hosted by tuttocamere.it)
- Wet handhaving consumentenbescherming (s'ouvre dans un nouvel onglet), Overheid.nl, wetten.overheid.nl
- Lag (2023:254) om vissa produkters och tjänsters tillgänglighet (s'ouvre dans un nouvel onglet), Sveriges riksdag (via lagen.nu)
- S.I. No. 636/2023, European Union (Accessibility Requirements of Products and Services) Regulations 2023 (s'ouvre dans un nouvel onglet), Government of Ireland (printed copy hosted by the National Disability Authority)
- Loi du 5 novembre 2023 / Wet van 5 november 2023 (Moniteur belge, numac 2023046827) (s'ouvre dans un nouvel onglet), Moniteur belge (via etaamb.openjustice.be)
- The Public Sector Bodies (Websites and Mobile Applications) (No. 2) Accessibility Regulations 2018 (s'ouvre dans un nouvel onglet), legislation.gov.uk, The National Archives